lundi 15 juillet 2019

Les femmes qui achètent des fleurs




Détails :
Auteur : Vanessa Montfort

Nombre de pages : 447
Edition :Michel Lafon
Genre : Feel-good / Contemporain


Résumé :

Madrid, quartier des Lettres.
Le Jardin de l'Ange est une boutique tout à fait extraordinaire.
On y trouve des arbres, des fleurs, des grillons et surtout des femmes singulières.

Olivia
Maîtresse des lieux, mystérieuse et fascinante, connaît le langage des cœurs aussi bien que celui des fleurs.

Marina
Souffre du syndrome du copilote. Dépendante de son compagnon, elle n'a pas le contrôle de sa vie. Sa fleur est la violette, symbole de l'humilité et de la timidité, mais aussi de la confiance en soi, si difficile à acquérir.

Casandra
Frappée du syndrome de la superwoman : plutôt mourir que de dépendre de quelqu'un ! Sa réussite professionnelle passe avant sa vie personnelle... Sa fleur est l'orchidée bleue, symbole de la sérénité qui lui manque.

Gala
Atteinte du syndrome de Galatée : elle croit fermement que les femmes d'aujourd'hui ont tous les droits... sauf celui de vieillir ! Sa fleur est le lys blanc, symbole d'une coquetterie éternelle.

Aurora
Victime du syndrome de la belle au cœur souffrant : plus elle souffre, plus elle est amoureuse. Sa fleur est le calendula, symbole de la tristesse, mais aussi de la cruauté qu'elle utilise parfois pour se défendre.

Victoria
En proie au syndrome de la toute-puissance : elle a décidé qu'elle serait la meilleure dans tous les domaines. Sa fleur est celle du cognassier, symbole de la tentation, tentation d'oser, de se libérer…


Mon avis :

Me voici aujourd'hui face à un doute… Celui de ne pas être comme tout le monde.
Je m'explique bien sur.

J'ai choisi de lire ce livre "Les femmes qui achètent des fleurs" parce que :
1 - la couverture est très jolie et agréable à toucher et j'avais envie de douceur
2 - le résumé m'attirait parce qu'il était question de femmes, de destins, de choix, de fleurs (mon prénom est quand même issu de la violette) et même d'ange
3 - je me suis donc mise en tête que j'allais passer un moment magique.

Quand on rentre pour la première fois dans le "Jardin de l'ange", magasin de fleur somme toute assez banal en apparence, il se passe un petit quelque chose. Pour ça pas de doute, l'auteure a pris soin de nous faire traverser l'endroit par les odeurs de rose, d'orchidée et autres jolies compositions fleuries. On ressent aussi l'air humide mais agréable. L'ensemble donne donc très envie de lâcher son bureau et d'aller trouver une boutique comme celle-ci.

Puis on fait la rencontre des femmes qui vont jalonner le roman. Chacune porte les symboles qui font que Olivia, la patronne, sait quelle fleur correspond le mieux à chaque personnalité.

Tour à tour elles vont apprendre à se connaître aussi, à s'apprivoiser et à se laisser aller aux confidences. A l'heure des choix de vies, toutes vont être mises à rude épreuve et c'est de cela que Vanessa Montfort veut nous parler.

Rien n'est moins simple que de décider. Les questions nous assaillent, les doutes arrivent et la prise de décision se dessine relativement rapidement selon les caractères.

Le récit porte principalement sur une des femmes, Marina, puisque c'est elle au début qui a le plus besoin d'aide. C'est aussi à partir d'elle que le récit mettra en avant les capacités de résilience, d'aventure ou de réflexion pour connaître enfin l'avancée qu'elle mérite.

Cette lecture est très mitigée pour moi.

J'ai aimé la trame de fond qui apporte analyse sur la vie. Le décor envisagé autour de ce thème est plutôt novateur, l'idée des fleurs, de leurs sens, de leurs impacts semble tout à fait convenir et permet d'amener les personnages selon leur typologie florale.

Ce qui n'a pas réussi à me maintenir en éveil constant sur cette histoire tient au fait que les messages à passer me semblent trop séparés de l'histoire de fond. Comme l'impression qu'ils sont mis entre deux chapitres où deux passages sans avoir un réel lien entre eux. C'est bizarre parce que je me suis un peu perdue en fait dans la narration. Je ne savais pas tellement si je devais m'attacher à Marina, l'héroïne, alors qu'en même temps je voulais absolument savoir ce qui était arrivé à Olivia pour qu'elle soit si "sage" face aux femmes qu'elle rencontre. Serait-elle l'ange du magasin ?

Je suis donc restée un peu en suspens sur mon implication dans le texte. Ce qui fait qu'au final je n'ai pas eu de peine à quitter les personnages. Certains passages sont prenants mais j'ai manqué d'empathie pour certaines femmes.

J'avais pourtant très envie de ressentir la bienveillance et la joie de vivre à l'espagnole mais je pense que je n'ai pas dans le bon timing pour le lire finalement. Où peut-être me suis-je fait trop d'illusions sur l'idée que l'herbe est parfois plus verte ailleurs...

Un roman qui vous plaira si vous ne voulez pas vous prendre la tête et que vous avez envie d'être serein(e) (car malgré tout pas de violence ni de scènes trop dures dans ce livre).

4 - si je dis plus haut que j'ai le doute de ne pas être comme tout le monde c'est parce que ce livre a eu un succès planétaire d'après ce que je peux lire ou voir sur les réseaux et que la magie n'a pas opéré chez moi ...

 



mercredi 10 juillet 2019

Nos 30 ans, la série complète




Détails :
Auteur : Arthur Dreyfus

Temps de lecture : 5h50
Edition : Audible
Genre : Contemporain


Résumé :

Un micro. Un intervieweur invisible. Trois garçons et trois filles. Six personnages qui, ensemble, incarnent la génération dite des "millenials" - ceux qui sont devenus des adultes au tournant du nouveau millénaire. Qui ont appris à vivre à travers des écrans. Et qui tous, à leur manière, cherchent à comprendre ce que signifie "devenir adulte". Ou plutôt : à garder espoir dans un monde déjà foutu, où la politique ne pourrait plus rien...

Qui sont nos héros ? Sonia, l'idéaliste un peu trop naïve. Samir, le garçon un peu trop sérieux. Mikaël, qui a brûlé sa jeunesse. Claire, enfermée dans une vie bourgeoise. Gauthier, l'adulescent artiste dans l'âme. Et Sibylle, qui a tout vécu avant de naître. À travers leurs confessions, leurs failles - mais aussi les surprises de la vie -, ils nous entraînent dans une aventure intime, drôle et universelle.

Avec l'aimable participation de : Benoît Allemane, Alfred Amourdedieu, Marie Bouvier, Françoise Cadol, Bénédicte Charton, Pascal Casanova, Elia Dabaji, Catherine Griffoni, Benjamin Jungers, Pauline de Clerck, Myriam Gilles, Stéphane Gaden, Jules Martens, Lorànt Deutsch, Raphaël Journaux, Juliette de Metz, Lola Naymark, Samir Tayeb et Gurwann Tran Van Gie.






Mon avis :
Sortir de sa zone de confort ce n'est pas toujours évident. J'écoute seulement ponctuellement des livres audio. Le temps de lire un livre papier se "programme" facilement mais pouvoir écouter tranquillement et longtemps est plus compliqué à mettre en place.

Mais lorsque Babelio, que je remercie ainsi que Audible, ont proposé une opération masse critique avec le titre "Nos trente ans" j'ai été attirée.

Attirée parce que je connais bien cette génération, j'en fais partie ;).

Attirée parce que le format était différent d'un roman classique, j'ai imaginé pour l'écouter par morceaux et ne pas en être perturbée.

Ainsi, je me suis installée et j'ai lancé l'appli.

Et là ça n'a rien à voir avec un livre audio classique. En fait, il manque juste l'image pour retrouver le principe de l'émission "Strip tease" (spéciale dédicace à mon conjoint ;). Mais il n'est pas question d'avoir une histoire type avec des personnages, une intrigue et tout ce qui va avec. Non, ici on semble entrer dans une salle ou être dehors à retrouver un groupe de jeunes adultes qui discutent. Et à un instant T, le micro se glisse parmi eux et les échanges autour de thèmes précis arrivent.

Des thèmes, un intervieweur qu'on devine mais qu'on entend pas, 6 personnalités différentes, et tous l'envie de raconter, se raconter un peu, écouter ce que l'Autre veut dire, ce qu'il pense. Autant de défis à relever pour ces personnes.

L'amour, un des thèmes principaux permet à chacun d'exprimer son ressenti, ce qu'il imagine, ce qu'il espère et ainsi de suite cela entraîne d'autres discussions. D'autres sujets comme la mort, l'avenir, le travail, la politique etc... seront plus délicats à aborder en apparence mais finalement chacun a un avis et l'enrichissement ne peut qu'être là puisque tous nous pensons différemment selon notre vécu.

C'est ce qui m'a fait sourire plus d'une fois d'ailleurs. J'avais envie d'y glisser mon avis aussi...

Je me serai bien installée avec eux à discuter. Les avis divergent parfois pour mieux se retrouver sur une autre idée et c'est la richesse de ce livre audio.

Ce qui peut être perturbant c'est juste de savoir si ce qu'on entend est réellement la personnalité de 6 humains différents ou s'il y a une part de fiction. J'imagine aisément que la réalité soit fortement présente car leurs idées ne sont pas si éloignées des miennes. Non, ce qui est différent c'est que les voix entendues soient celles d'acteurs et donc peut-être que l'auteur a voulu "professionnaliser" son livre audio. Peut-être que cet ouvrage est destiné aussi à une base documentaire, pour maintenant ou pour le futur… Et donc peut-être que la spontanéité n'est pas là à 100 %.

Toujours est-il qu'avec ce livre audio j'ai passé un très bon moment, je me suis posée la question s'il y aurait une suite parce que les sujets peuvent être vastes, que les 6 personnes vont encore évoluer, que leurs avis vont aussi changer, peut-être d'ailleurs grâce à ces interviews…

Un moment de lecture qui change !

 



Quelques infos sur l'auteur :


Arthur Dreyfus est écrivain, scénariste, réalisateur et journaliste. Premier lauréat du Prix du jeune écrivain en 2009, il se fait connaître du public avec sa nouvelle Il déserte. Son premier roman La synthèse du camphre est publié en 2010 (prix de la Plume d'or). Parurent ensuite Belle-famille (2012), Histoire de ma sexualité (2014), 101 Robes (2015), Correspondance indiscrète (2016) et Sans Véronique (2017).
Arthur Dreyfus présentait en 2012 une chronique dans l’émission de France 2 Avant-premières, et depuis la rentrée 2018, enseigne la création documentaire à Paris Sorbonne. Parrain de l'association Bibliothèques sans frontières, il vit et travaille à Paris.

lundi 8 juillet 2019

Ma chérie




Détails :
Auteur : Laurence Peyrin

Nombre de pages : 400
Edition : Calmann Levy
Genre : Contemporain


Résumé :

Tout le monde l’appelle Ma Chérie…

Elle va retrouver qui elle est. Un cocktail à la main, au bord d’une piscine entourée de palmiers, Gloria, 30 ans, écoute discuter ses riches amies de Miami, toutes ces « femmes de » aux bavardages superficiels. Qu’il est loin son village natal, ce Chooga Pines aux maisons de bois gris isolées du monde par la mangrove ! C’est son physique ravissant qui lui a permis de fuir la promesse d’une vie morne, il y a dix ans. Repérée par un photographe, elle est devenue Miss Floride 1952… et la maîtresse de l’agent immobilier des stars, Gerry Grayson, dit GG.

Oui, Gloria a fait bien du chemin, de Chooga Pines jusqu’aux stucs des beaux quartiers de Miami. D’ailleurs, depuis bien longtemps elle n’a plus entendu son nom de baptême. Tous, des photographes de plage à GG, de son coiffeur jusqu’à ses nouvelles amies so chic, tous l’appellent « Ma Chérie ». Mais voilà, un matin GG est arrêté. Il a escroqué tout ce que Miami compte de gens importants. Le monde factice de Ma Chérie s’écroule : rien n’est à elle, ni la maison ni les bijoux. Munie d’une valise et de 200 dollars, elle monte dans un car Greyhound pour rentrer chez ses parents qu’elle n’a pas vus depuis dix ans. C’est le week-end de Pâques, le car est plein. Il ne reste qu’une place à côté d’elle, et un homme noir lui demande la permission de s’y asseoir. Un homme noir et une femme blanche assis l’un à côté de l’autre dans un bus, c’est choquant dans la très conservatrice Floride de 1963. Sans le savoir c’est à cet instant, quand Ma Chérie accepte son voisin, qu’elle prend la décision qui donnera un jour un sens à sa toute nouvelle vie.


Mon avis :

Quand on part en week-end ou en vacances, la grande question est toujours : que vais-je emmener comme lecture ?
 
Pour ce week-end breton, j'avais donc choisi "Ma chérie" de Laurence Peyrin.
Première lecture de cette auteure en qui j'avais toute confiance. (ça peut être risqué d'emmener un seul livre si jamais il ne plaît pas…)

Je le fais de moins en moins mais j'avais lu la 4ème de couverture pour me guider dans mon choix. Un destin de femme, l'Amérique des années 60 avec tous les changements que cela implique, des choix décisifs aussi… Un bon moment de lecture en perspective.

Lorsque l'histoire débute, Gloria, jeune femme moderne vit la grande vie. Elle se fait d'ailleurs appelé "Ma chérie" et bénéficie des attentions de Gerry Grayson, l'agent immobilier le plus en vue du moment. Elle n'est pas l'officielle de ce monsieur mais finalement cela lui convient. Elle côtoie le beau monde et pense que ce sera toujours comme ça.

Puis survient l'arrestation de son amant et tout bascule dans la vie de Ma chérie. Elle reviendra à son point de départ : retourner vivre chez ses parents. Evidemment ce n'est pas sans peine. Quitter le riche pour retrouver une vie plus modeste, elle ne s'y était pas préparée. Sur le trajet qui la ramènera à sa vie elle va pourtant faire le plus grand choix de sa vie… celui de laisser s'asseoir un homme noir à ses côtés.

Voilà pourquoi ce livre m'a plu : "Ma chérie" a assumé ses choix, toujours !

C'est un roman qui aurait pu être deux fois plus épais que je l'aurai avalé sans problème.

Il pourrait paraître léger en surface, la couverture a des couleurs douces, une jeune fille tient sa valise à la main, on imagine aisément les vacances, la frivolité, l'innocence, la fête, la musique etc...

Ce qu'on ne peut imaginer avec ce livre ce sont les sujets forts qui sont soulevés. N'oublions pas que nous sommes en plein dans les sixties et que l'Amérique joue gros culturellement parlant. Ses mœurs sont en train d'évoluer et tout le monde n'est pas près. Alors lorsque "Ma chérie" revient de son monde de riche vers son milieu modeste l'attention est toute portée sur elle.

Elle va apporter de la modernité à cette petite ville de Chooga Pines. Elle y amènera aussi des idées nouvelles qui feront d'elle une rebelle en quelque sorte. Comme avec ses parents la communication n'a jamais été une forte valeur ajoutée elle s'en accommodera et arrivera malgré tout à faire passer ses messages.

Ma chérie est un roman qui est rempli d'espoir, je n'aurai pas voulu d'une autre fin pour cette femme frêle d'apparence mais à l'âme forte !

Le style est très agréable car il n'y a pas de temps morts, l'époque est bien posée et nous permet d'y plonger tout de suite. Je pense que les codes et autres aspects des années 60 en Amérique sont bien retranscris et insérés dans l'histoire de sorte que l'ensemble se lit très facilement.

L'attachement pour "Ma chérie" est fort car ce n'est pas une héroïne qui se contente de rester dans son rôle de femme. Elle est volontaire, motivée et dynamique pour apporter sa touche personnelle à l'Histoire, locale à défaut d'être mondiale. Mais je pense que des "Ma chérie" il y en a énormément à travers toutes les époques...

C'est une très chouette lecture que je recommande de mettre dans vos valises cet été par exemple !

 



Quelques infos sur l'auteure :

Laurence Peyrin est une femme de lettres française.

Elle a été attachée de presse pour Marlboro F1 (1987-1989), journaliste au "Dauphiné Libéré" (1989-2010) et est intervenante cinéma de MeMyBoss depuis 2010.

Son premier roman "Stockholm" est paru en 2014. Elle obtient le Prix Maison de la Presse en 2015 avec "La drôle de vie de Zelda Zonk".

Après "Hanna" (2015), "Miss Cyclone" (2017) et "L'aile des vierges" (2018), un roman d'amour historique avec une dimension féministe évidente, elle raconte dans "Ma chérie" (2019) l'histoire de Gloria, une jeune femme dont le destin va prendre un tournant inattendu dans la très conservatrice Floride de 1963.

Mère de six enfants, elle se consacre désormais à transmettre sa passion du cinéma à des élèves de collège de l'agglomération grenobloise où elle réside, aux voyages (souvent à New York, ville de cœur) et à l’écriture qui occupe la plus grande partie de sa vie.

page Facebook : https://www.facebook.com/LaurencePeyrinAuteur/
Twitter : https://twitter.com/laurencepeyrin




mercredi 26 juin 2019

Samantha Spinner et les plans supersecrets




Détails :
Auteur : Russell Ginns

Nombre de pages : 256
Edition :Flammarion
Genre : jeunesse


Résumé :



Vendredi.
L'oncle Paul avait fait des gaufres aux fraises.

Lundi.
Il ne vint pas préparer le petit déjeuner.

C'est à ce moment-là que Samantha se dit qu'il avait forcément disparu et se lança sur sa piste…

 
Mon avis :

Voici un mercredi jeunesse que vous pourrez mettre dans les valises des jeunes lecteurs (10-13 ans).

Samantha est une jeune fille hyper dynamique et très branchée dans l'univers de son oncle, un aventurier qui fait des gaufres le matin pour ses neveux et nièces.

Le jour où il disparaît, la donne change… comment se faire des gaufres tout seuls ?

Non sérieusement, la question qui se pose est : où est L'oncle Paul ?

Samantha accompagnée de son frère Jérémy vont nous entraîner avec eux dans une quête du graal si on voit loin. Ce qu'ils découvrent au début de leur enquête est particulièrement ingénieux et va leur permettre d'explorer un tas d'endroits, découvrir des curiosités qui feront qu'à la fin de l'aventure, leur esprit sera ouvert à tout.

Alors si je fais un point précis : l'ouvrage m'a beaucoup plu.

Il est de très belle facture, la couverture est bien dessinée, les couleurs sont attirantes et puis cet aspect beau livre avec la couverture bien rigide donne une valeur supplémentaire.

Ensuite l'histoire est vraiment dépaysante parce qu'elle est presque "fofolle". Il faut vraiment laisser votre esprit s'ouvrir. L'histoire est pourtant bien partie d'un point de vue réaliste mais alors les enchaînements et autres rebondissements sont parfaits pour l'imaginaire.

Les pages placées entre les chapitres pour expliquer tel ou tel endroit ou une curiosité qui ensuite sera utile pour l'histoire sont très intéressantes. Je trouve que l'ensemble permet de mieux rentrer dans le roman.

C'est une très belle lecture qui me fait dire que j'aimerais bien retourner dans ma jeunesse pour avoir cette sensation de "nouveauté" et donc de construire encore et encore ma vie littéraire !

Je pense que c'est un livre qui plaira aux jeunes lecteurs parce qu'il est à leur image; en mouvement perpétuel, dynamique et rempli de 50000 idées à la seconde, d'innocence et de débrouillardise.





mardi 25 juin 2019

Les larmes de Shiva




Détails :
Auteur : César Mallorqui

Nombre de pages :253
Edition : Michel Lafon
Genre : Jeunes adultes ? Fantasy ?


Résumé :



« Tout a commencé par une énigme : le mystère d’un collier d’une valeur inestimable, égaré durant sept décennies. Les Larmes de Shiva. Il donna lieu à des vengeances terribles, à des amours interdites, et à d’étranges disparitions. »
Cet été, Javier, 15 ans, est envoyé dans la villa de sa tante. Là-bas, il y découvre l’histoire de son aïeule, Beatriz. Disparue soixante-dix ans auparavant, la veille de son mariage, elle a emporté avec elle les Larmes de Shiva, déclenchant une querelle familiale sans précédent. Lorsque le fantôme de son ancêtre lui apparaît, Javier est prêt à tout pour enfin rétablir la vérité… une vérité que l’on a voulu faire taire à jamais.

Mon avis :

"Les larmes de Shiva" est un roman qui m'a attiré par sa couverture d'abord, sombre mais qui emmène vers la lumière, le ciel s'éclaircit alors que le sol reste bien foncé… Intéressant !

Nous rencontrons Javier, un jeune garçon de 15 ans. Il sera notre héros et la narration sera portée autour de lui. Son papa, suite à des problèmes de santé doit rester chez lui sans contaminer personne. C'est ainsi que Javier partira chez sa tante en vacances. Il n'a pas vu souvent ses cousines et appréhende un peu ce séjour. Une fois sur place, il devra apprendre à connaître les habitudes de sa famille et les personnes qui la compose. Ce qui apportera du piment pour les vacances de Javier sera son aïeule, Beatriz Oregon. C'est elle qui est à l'origine, selon ses contemporains, des problèmes de la famille Oregon.

Le mystère est entier autour de cette femme dont personne ne veut plus parler. Il s'épaissira encore plus lorsque Javier entendra parler des "Larmes de Shiva".

Ainsi il partira à la reconquête de sa famille et ce qui lui semblait un été fade deviendra un été dont il gardera un souvenir inoubliable.

Dès le départ je me suis sentie à l'aise dans ce roman parce que j'y voyais l'Espagne, la détente agrémentée d'un mystère. Et puis le jeune Javier est très mature pour son âge. J'ai parfois eu la sensation qu'il était même adulte dans sa réflexion, dans son vocabulaire.

Il est assez difficile de placer directement ce roman dans une catégorie. Je le vois parfois en jeunesse, mais aussi en fantasy. Je l'ai trouvé à la hauteur pour la partie mystérieuse avec un soupçon de paranormal. Il est très bien écrit et le vocabulaire est riche sans être incompréhensible donc parfaitement adapté à un lectorat "jeune adulte".

J'ai beaucoup apprécié le lien entre Javier et Violeta parce qu'il est singulier. Rien n'est gagné d'avance entre eux et il paraît même improbable qu'il évolue au cours du récit et pourtant ce sera l'aspect auquel on portera le moins d'attention pendant une partie de la lecture. Par contre, la fin m'a surprise, choquée pourrait être même adaptée ;)

Chaque membre de la famille a sa particularité et je trouve que la mise en avant du lien familial passant par la musique, la littérature, les arts, les inventions, les discussions est symbolique.
Même si l'époque ne s'y prête pas il n'est nullement question de conserver un objet, fabriqué par l'oncle Luis, qui avalerait le cerveau. Cela mérite réflexion lorsque l'on compare 1969 avec 2019 !!

Dans l'ensemble c'est une lecture qui n'a pas de rebondissements exceptionnels mais je crois que cela correspond à l'esprit espagnol. Le rythme de la lecture suit une journée type… beaucoup d'activités le matin et l'après-midi place aux réflexions, à la méditation sur l'action à mener, au repos parmi les siens...

C'est une lecture que j'ai trouvé agréable pour le dépaysement, le mystère autour de Beatriz Oregon. Je ne suis pas sur que cela restera une lecture inoubliable mais je pense qu'elle mérite sa place dans vos lectures d'été pour vous détendre, changer de paysages... !




Quelques infos sur l'auteur :




César Mallorquí est un écrivain espagnol, auteur de roman fantastique et de science fiction, mais aussi journaliste et animateur radio.

vendredi 21 juin 2019

Le jeu est moi !

Il y a quelques semaines j'ai proposé aux membres de mon groupe des "Cholecteurs" de me transmettre une photo de leur choix.

Exercice pas si simple mais que j'ai envie de tenter.


J'ai donc choisi cette photo que Florence a proposé. Je pensais choisir d'abord la photo et ensuite écrire sauf que j'ai été rattrapée par l'envie de poser les mots avant de choisir... mais sa photo correspond tout à fait, donc bonne lecture : 



Faut-il passer par le "je" pour arriver à écrire autre chose ? Peut-être bien. Se connaître suffisamment pour laisser l'imagination créer d'autres personnages, d'autres univers. Comme s'il y avait ce chemin à prendre pour ensuite mieux discerner l'avenir. Alors là tout de suite qu'en est-il du choix à faire ?

Dois-je prendre à gauche, à droite, rester immobile, impassible ? Si je prends la mauvaise direction, vais-je refaire nécessairement connaissance avec le noir ? Comment l'instinct va t'il peser le pour et le contre de telle ou telle décision ?
Il faut se lancer pourtant même si entre les deux voire trois mon coeur balance. Même si je n'ai aucune idée de la distance restant à parcourir, de ce que je trouverai, de qui je découvrirai. Rien ne laisse présager si ce sera bon ou mauvais.

Foncièrement, je suis optimiste, j'ai envie de croire que mon choix sera le bon. Il le sera ! 

Pourquoi chercherais-je à mettre du gris alors que le bleu me va si bien ?
Allez, décide-toi ma vieille !

Sur la route, peu importe laquelle, inévitablement je rencontrerai de nouvelles personnes. Je sais, j'ai déjà tenté l'expérience. Je sais que l'amitié peut s'évaporer aussi vite qu'elle est née, juste parce que se remettre en question demande trop de tout. Je sais que les actes et les mots sont les révélateurs de l'Humain. Quand il est surpris, rejaillis systématiquement la nature première.

Alors oui ça fait mal.

Mais l'envie de découvrir, de vivre de nouvelles sensations et peut-être que parfois certains resteront sur l'ancien chemin.
Ce chemin qui m'a donné des leçons, qui m'a appris encore et toujours. Comment pourrais-je l'occulter. Il occupe encore mon esprit à l'instant du choix.
Bien sur que je l'ai avalé cette leçon inattendue, je n'allais pas m'étouffer avec !
Mais arriverais-je à la digérer? Rien n'est moins sur !

Choisir la facilité du chemin droit, calme et plat serait une belle option pour passer au-dessus mais de nouveau, l'allée biscornue que j'aperçois m'attire.
Il faut que je sache, que je comprenne pour l'attachement à l'Autre se désagrège aussi vite, pourquoi je n'ai pu le retenir. Je ne peux pas reprendre la route sans avoir creuser autour de moi pour savoir. Je tâtonne, j'avance à tous petits pas dans la nuit comme dans le jour en espérant avoir un jour la réponse à mes errances. Simplement, je ne peux pas rester là indéfiniment sans rien faire.

Le temps œuvre pour que l'apaisement se présente et libère un peu l'âme.
Alors ça y est, enfin, le choix de mon futur prend forme.
J'entrevois la lumière plus claire, plus brillante vers cette autre moi que je n'osais pas rencontrer.
Et puis, sans vraiment me rendre compte, le pied gauche bouge, soumis à une force qui le dépasse. Plus possible de reculer, j'avance. Je dois garder l'oeil vif pour observer autour. Si je garde les yeux rivés au sol, certainement que je continuerai le chemin seule alors qu'en relevant tout doucement le regard quitte à aller jusqu'au ciel, je sais que je ne suis plus une âme esseulée. Je sens la force de l'amour, de l'amitié capables, juste un instant de me donner le souffle suffisant pour pousser le pied droit à continuer sur la lancée.

Me sentir rassurée de savoir que je verrai et surmonterai les embûches parce que j'aurai le courage de les affronter, de marcher au-dessus. Je ne suis pas définie par mes peurs. 
L'Autre m'est nécessaire mais je ME suis avant tout nécessaire pour habiter pleinement en moi.
Le choix fait aujourd'hui est celui qui me forgera à nouveau demain et au cours de mes pérégrinations je vous rencontrerai surement. Je ne vous retiendrai pas, vous êtes sur mon chemin mais je ne suis pas votre chemin.
Je suis aussi sur votre route aussi longtemps que nous le voudrons, je m'attacherai surement, profondément... en sera t'il de même pour vous ?

Je ne suis pas encore éclose et pourtant je sens les douces pétales me murmurer qu'elles sont prêtes à accueillir la lumière qui cherchent à les éblouir, elles ont envie d'oser.
Je peux oser être moi !

Violaine

Playlist : La rose et l'amure de Antoine Elie
 

 

jeudi 20 juin 2019

La dame de la Tenarèze




Détails :
Auteur : Madeleine Mansiet-Berthaud

Nombre de pages : 352
Edition : Presses de la Cité
Genre : Terres de France / Contemporain


Résumé :


Une vie, un passé… la belle propriété de la Ténarèze, au cœur du Gers, renferme tant de beaux souvenirs pour Claudia, et de drames aussi. Ce sera son dernier combat : préserver ses murs, contre le projet d’une maison de retraite, contre l’hypothétique révélation de son secret…
Son passé, Claudia croyait l’avoir enfoui à l’abri des grilles du parc de la Ténarèze. Le lierre et le chèvrefeuille tapissent aujourd’hui les murs de cette demeure autrefois la plus belle d’Eauze.
Dans ce village gersois d’origine gallo-romaine, chaque pierre raconte une histoire. Celle de Claudia, née avec le siècle, est marquée par la disparition inexpliquée de son mari Paulin, quarante-cinq ans plus tôt. Pour une autre, un ailleurs ? Nul ne sait. Depuis, Claudia a perdu son sourire, se terre dans une solitude dont elle a fait un rempart, et vit parmi ses souvenirs : son amour pour Paulin, pourtant si jaloux, leur gîte ouvert aux pèlerins de Compostelle…
Quand, ce jour de septembre 1983, le maire vient lui exposer son projet pour la Ténarèze.
Claudia devine qu’il s’agit d’une expropriation. Que l’on investisse son parc, jamais !
Ce sera son dernier combat : préserver ses murs, son passé, ses secrets…


Mon avis :

Pour ne rien vous cacher, si j'ai lu ce livre c'est notamment grâce à sa couverture. C'est elle qui m'a attirée et qui m'a donné envie d'aller dans un coin de France que je ne connais pas.


Et c'est ainsi que je suis partie découvrir ce que le Gers avait de si beau.

Claudia, notre héroïne, est une femme du début des années 1900. Elle est la doyenne de son village et le respect est inné pour les habitants. Autant que leur réserve à son égard. C'est une femme plutôt secrète et qui a vécu de tels drames dans sa vie que les gens n'osent plus aller vers elle, ou si peu.

Elle a été "abandonnée" par son mari alors qu'elle était toute jeune et au-delà des sacrifices personnels qu'elle a fait, elle a aussi enfoui l'envie de vivre une autre histoire d'amour.

La seule idée qui l'anime en cette année 1983, c'est la sauvegarde de son domaine : La Ténarèze. Elle y est accrochée, passionnée et n'a aucune envie d'aller finir sa vie ailleurs. Encore faut-il qu'elle le puisse !

C'est cette histoire de destin, de choix, de combats que l'auteure nous livre dans ce roman.


Ce récit m'a plu.


Je ne connaissais pas du tout l'auteure et je dois admettre qu'elle m'a charmée. Son style est celui que j'aime, il n'y a pas de détours, de descriptions allongées inutiles. Non, ici j'ai humé l'odeur de ce territoire qui entoure Claudia. Je me suis reposée à l'ombre avec elle et j'ai lu avec tendresse ce récit de vie.

Rien n'est laissé au hasard car le suspens est même au rendez-vous autour de Paulin, ce mari qui a laissé Claudia sur un coup de tête. Enfin on suppose…

Les paysages donnent envie d'aller visiter cette région. Le fait d'y ajouter des recherches archéologiques par le biais d'une petite cousine de Claudia renforce mon attrait puisqu'il y a l'aspect intergénérationnel qui intervient.

Je crois que c'est ce que l'auteure veut transmettre mais également montrer que les secrets même les plus enfouis refont surface un jour. Claudia n'était pas du tout préparée à ce qui lui arrive et c'est une véritable source de renouveau comme une cure de jouvence pour cette femme traversée par les époques.


Une belle surprise de lecture que je recommande à tous les amoureux de France et d'ailleurs.

 

Quelques infos sur l'auteure :

  Native des bords de Saône, Madeleine Mansiet-Berthaud a voulu restituer les charmes et la beauté d'une époque aujourd'hui disparue et porter à la connaissance du public une activité peu connue, celle des bateliers, alors que les péniches étaient tractées par les hommes et les chevaux, à travers une histoire poignante, « Une famille de bateliers »,
Source : http://www.sudouest.fr