vendredi 16 avril 2021

La fortune sourit aux disparus



Détails 

Auteur : Stephen Spotswood
Traduction : Estelle Roudet
Nombre de pages : 464
Edition : Calmann Levy
Genre : Cosy mystery


Résumé : 
New York, 1946. Lillian Pentecost, la détective privée la plus renommée de Manhattan, n'est plus toute jeune et a besoin d'un allié digne de ce nom. Le hasard fait qu'elle croise la route d'une certaine Willowjean Parker, une petite fugitive travaillant dans un cirque, capable de manier les couteaux comme personne.
Willowjean ne peut décliner le salaire mirobolant que Ms. Pentecost lui offre pour mener les enquêtes en tandem. A peine embauchée, elle se voit embarquée dans une mission délicate pour élucider le meurtre d'une jeune veuve de la haute société, retrouvée morte chez elle après une consultation avec une voyante. L'arme du crime : la boule de cristal...
Décor délicieusement rétro, enquête endiablée et duo de femmes irrésistible. Du cosy crime vintage addictif 

Mon avis :

Cette semaine, place au cosy mystery ! Un style qui tend à s’imposer de plus en plus. Ces romans sont à la croisée entre le livre qui détend et l’enquête qui surprend. 

Stephen Spotswood nous propose de découvrir son héroïne, Lilian Pentecost, détective renommée de Manhattan. Elle vieillit et doit trouver la personne digne de la remplacer. 

C’est par hasard ou presque qu’elle fera la connaissance de Willojean Parker, jeune fille un brin sauvage qui travaillait dans un cirque. Lilian Pentecost a vu en elle de grandes capacités et lui a ainsi proposé un beau salaire pour qu'elle vienne la rejoindre.

Entre elles, le courant va passer très vite et faire naître une complicité professionnelle et amicale. Willojean va s'occuper de sa patronne comme jamais personne ne l'avait fait et Lilian tiendra un rôle proche de celui d'une mère pour Willojean.

Ce premier opus va nous démontrer qu’en matière de résolution de crime, il faut avoir autant d’intelligence que de forme physique. C'est également en cela que le binôme fonctionne parfaitement. Chacune met en avant ses capacités et faire progresser les recherches. Elles n'ont quasiment pas de secrets l'une pour l'autre et parfois un simple regard suffit à dire les choses.

Leur mission pour cette fois : résoudre l’énigme du meurtre d’une jeune femme de la haute société, tuée par une boule de cristal. Oui, c'est bien une boule de cristal qui semble l'arme du crime vous ne rêvez pas. Il y a autant de suspects qu'il y a de chances de se faire tuer par une boule de cristal alors aucun détail ne peut être laissé de côté.

Nous sommes juste après la fin de la Seconde guerre mondiale, tout est à réinventer ! Ce roman est une escapade plutôt très agréable dans l’Amérique des années 40-50, le décor est décrit avec précision et l’aspect vintage des personnages, font que l’attachement est rapide. L'auteur a su captiver son lectorat par le biais de descriptions qui ne paraissent pas trop longues et surtout qui apportent des éléments à l'enquête. 

Déambuler dans New York et imaginer les différentes issues pour cette enquête en compagnie des deux héroïnes semble aisé, mais une fois n’est pas coutume, attention aux apparences ! Elles sont diablement trompeuses quand on ne regarde pas au bon endroit.

Mais ainsi vous n’aurez qu’une seule ambition : trouver avant elles, le ou la coupable. 

Une histoire peu conventionnelle, des personnages atypiques, une époque riche et le tour est joué pour que cette lecture soit un excellent moment de pause dans le quotidien !

Merci Babelio et les éditions Calmann Levy pour cette opération masse critique très intéressante !

 

lundi 5 avril 2021

Ca me pèse


Détails 

Auteur : Smaïn Laacher 
Nombre de pages : 144
Edition : L'aube
Genre : Témoignage / Sociologie


Résumé : 
«Je ne me suis jamais mise nue devant un homme, déshabillée devant un homme. Jamais, jamais, jamais.?»
Dans cet ouvrage, le sociologue Smaïn Laacher dialogue avec deux femmes – une mère et sa fille. Elles sont toutes les deux obèses. Elles vont se raconter à lui avec sincérité et pudeur. Comment vivent-elles le regard d'autrui dans l'espace public? Comment parlent-elles de leur sexualité? Comment ont-elles vécu leur scolarité? Comment se projettent-elles dans le futur et dans leur vie familiale? Dans une société où tout serait affaire de volonté, Smaïn Laacher propose un livre riche d'enseignements sur la place de l'obésité dans les discours et la vie quotidienne.
Smaïn Laacher est sociologue, professeur de sociologie à l'université de Strasbourg.

Mon avis : 

J'ai choisi ce livre lors de l'opération masse critique de Babelio parce que le sujet me touche de près. Je suis moi-même obèse et voir la frayeur que ce mot suggère donne à réfléchir.

J'avais donc envie de voir quel avis, quels sentiments sortaient de cet ouvrage. Il ne s'agit pas d'un essai à proprement parler car l'auteur a plutôt choisi d'ouvrir le texte sur le témoignage de deux femmes. Une mère et une fille. 45 ans et 25 ans.

Le contexte est posé, prêt pour être lu et intégré.

Et ce que j'ai lu m'a amené à douter. 

J'ai découvert un univers loin de moi en fait. Oui je partage cette situation de poids embarrassant car effectivement si j'avais eu le choix je n'aurai pas pris les kilos en trop dans les options, je n'ai surement pas assez lu les petites lignes lors du contrat d'arrivée sur Terre ;). 

Mais ce qui est évoqué dans ce texte ne me correspond pas vraiment. Je n'ai jamais eu honte de mon corps. Pourtant j'aurai pu, je suis la seule maintenant parmi mes sœurs à avoir ce souci-là. J'ai subi les moqueries et compagnie mais jamais je ne me suis dit que j'étais juste un corps. Et c'est surement grâce à cette pensée, entre autres, que j'ai pu avancer et choisir ma vie.

Alors ce texte est éclairant car forcément on est tous différents donc tous avec des sensations aussi diverses que variées. Explorer ce que ces femmes expriment est difficile car au travers de leurs mots, j'ai eu la sensation qu'elles n'existaient que parce qu'elles étaient grosses et que jamais elles ne se sont dit qu'elles pouvaient bien réussir leur vie par ce qu'elles sont elles en tant qu'individu sans balance dans la tête. La fille semble un peu plus moderne dans son approche mais reste proche de sa mère dans certains domaines.

Les témoignages laissent paraître une réalité bien sombre par-rapport à ce problème de société et en ressortant de ma lecture, j'ai pris peur. Peur que rien ne change jamais, peur que personne ne prenne en considération les évolutions environnementales, peur que les gens restent dans leurs idées préconçues, peur que les gros deviennent tous maigres, peur que les maigres deviennent tous gros.

Un sentiment que j'ai vite laissé de côté car j'ai resitué l'ouvrage dans son contexte : un témoignage à un instant précis et non pas une généralité.

Un livre que j'apprécie avoir découvert car il met en avant d'autres pensées que la mienne et ça fait du bien parfois de confronter son avis à d'autres sur ce sujet.


vendredi 19 mars 2021

Le crève-coeur

Détails 

Auteur : Maxence Fermine
Nombre de pages : 249
Edition : Michel Lafon
Genre : Contemporain / Auto fiction


Résumé : 
Un matin de mars 2020, un écrivain se réveille un poids bourdonnant sur la poitrine. Ce dont il souffre, c'est du crève-cœur, un virus mondial prenant les traits d'une guêpe qui entre par les voies respiratoires pour essaimer dans l'organisme et crever le cœur de son aiguillon dans les cas les plus graves. L'écrivain relate son calvaire, sa longue traversée en solitaire pour lutter contre les assauts d'un mal perfide aux mille visages.

Mon avis : 

Il en fallait un !

J'ai choisi de lire ce livre car je savais que la littérature allait forcément évoquer l'épidémie qui nous entoure. Alors je voulais tester.

L'auteur nous propose une plongée dans son quotidien dans lequel on ne sait pas exactement ce qui est du récit ce qui est la réalité. Mais on le suit dans tout le processus de la maladie qu'il a attrapé. Il vit en coupe et sa femme est en première ligne en tant qu'infirmière. Au début elle n'est pas touchée puis finalement elle va rencontrer ces guêpes maléfiques. Dans le texte on présente l'origine de ce virus par le biais de guêpe mais personne n'est dupe bien sur ;) 

L'écriture en soi est très intéressante car au-delà du thème, Maxence Fermine utilise beaucoup de références à la culture littéraire pour transmettre son ressenti et c'est pour ça que je suis restée jusqu'à la fin. 

Mais pour le lire, par moments j'ai eu de l'angoisse. J'ai été mal à l'aise en fait. Ce que je vais exprimer va paraître bizarre mais ce livre je ne le conseille pas si vous n'avez pas eu le virus. Enfin pour ma part, j'ai ressenti cette oppression d'imaginer les symptômes et les conséquences et franchement non je n'en veux pas ! 

Peut-être que quelqu'un qui a eu le virus donnerait un avis totalement contraire au mien où peut-être que finalement je rentre aussi dans la catégorie des gens qui ont peur (pourtant en apparence je n'ai pas plus peur que ça), j'avoue que je suis restée perplexe. Régulièrement je me suis dit "allez, mais non c'est juste un livre" mais j'aurai eu besoin peut-être de savoir où était réellement la réalité. 

Entre le fait de ne pas savoir à quel moment ça nous tombe dessus et les conséquences aussi nombreuses qu'il existe d'habitants sur la planète, non décidément ce n'était pas le bon moment.

Attention : ce livre lu hors contexte je pense que j'aurai forcément eu aucun problème d'identification donc je ne mets pas du tout en cause l'auteur car le livre est vraiment bien écrit. C'est mon ressenti qui est faussé par l'environnement actuel !



vendredi 12 mars 2021

Le Vallon des lucioles

Détails 

Auteur : Isla Morley
Traduction : Emmanuelle Aronson 
Nombre de pages : 480
Edition : Seuil
Genre : Contemporain


Résumé : 

1937, Kentucky. Clay Havens et Ulys Massey, deux jeunes photographe et journaliste, sont envoyés dans le cadre du New Deal réaliser un reportage sur un coin reculé des Appalaches.
Dès leur arrivée, les habitants du village les mettent en garde sur une étrange famille qui vit au cœur de la forêt. Il n’en faut pas plus pour qu’ils partent à leur rencontre, dans l'espoir de trouver un sujet passionnant. Ce qu’ils découvrent va transformer à jamais la vie de Clay et stupéfier le pays entier. À travers l'objectif de son appareil, se dévoile une jeune femme splendide, Jubilee Buford, dont la peau teintée d’un bleu prononcé le fascine et le bouleverse.
Leur histoire sera émaillée de passion, de violence, de discorde dans une société américaine en proie au racisme et aux préjugés.
Inspiré par un fait réel, ce roman est une bouleversante histoire d'amour et un hymne à la différence.
Isla Morley a grandi en Afrique du Sud puis s'est installée aux Etats-Unis où elle vit aujourd’hui. Son premier roman, Come Sunday, a obtenu le Janet Heidinger Prize, prestigieux prix littéraire féminin. Le Vallon des lucioles est son premier roman à paraître en France.

Mon avis : 

Aujourd'hui, direction le Kentucky, en 1937. Isla Morley, l’auteure, propose une histoire hors norme. 

Clay Havens, photographe et son collègue, Ulys Massey, sont envoyés faire un reportage à Chance, un village reculé des Appalaches. Ils doivent absolument ramener un très bon papier ! 

Lors de leur arrivée, ils sont prévenus qu’il vaut mieux rester loin de la famille Buford. Mais comme souvent, quand l’interdit est posé, l’interdit est bravé ! 

Ils vont entrer en lien avec cette famille "interdite" et devront affronter toutes sortes d'épreuves. Mais celle que Clay ne pensait pas connaître c'est celle autour de l'amour.

Ainsi Clay et Ulys vont faire une découverte qui sera le point de départ d’un grand bouleversement, leurs vies seront transformées à jamais. 

Ce roman est le premier de l’auteure publié en France. 

Certains y verront un livre racontant « juste » une grande histoire d’amour et effectivement on peut y voir seulement cet aspect. 
Mais il mérite une attention autre. 

C’est un roman qui explore tout un pan de l’Amérique dont on souhaite qu’il n’existe plus. Il y est question de racisme, de la différence. Basé sur une histoire vraie, ce livre prend une profondeur plus intense. D'ailleurs en découvrant qu'il s'agissait d'un fait divers réel, c'est peut-être l'étonnement qui prédomine au début, on imagine mal cette situation je trouve. Puis finalement, l'attachement se fait naturellement.

La rencontre et la relation qui se crée entre Jubilee et Clay est décrite avec sensualité, délicatesse. L’auteure met en miroir la noirceur persistante de certaines âmes. Pour aimer il faut parfois se battre longtemps et durement. Rien n'est simple pour ces deux personnages.

Peut-être que certains passages peuvent sembler un peu plus lents mais il faut installer le contexte, les personnages dans une époque où le temps n’avait peut-être pas la même valeur qu’aujourd’hui. 

Un premier roman marquant !

mardi 23 février 2021

Ce qu'il faut de nuit



Détails 

Auteure : Laurent Petitmangin
Nombre de pages : 198
Edition : La manufacture de livres
Genre : Contemporain


Résumé : 

C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l'importance à leurs yeux, ceux qu'ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.
Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d'hommes en devenir.

Mon avis : 

Un premier roman c'est certainement le plus grand risque de toute une vie d'écrivain. C'est celui dans lequel on voudrait tout mettre mais aussi en garder pour un prochain, mais s'il n'y avait pas de prochain ?
Ce sont toutes ces questions qui sont légitimes je pense alors c'est pour ça que j'ai tendance à ouvrir un premier roman d'une première manière.

Pour Laurent Petitmangin, j'avais déjà vu passer son titre à plusieurs reprises sans trop savoir si j'oserais le lire. Le sujet me paraissait touchant mais je n'étais pas percutée directement. Il est question de l'éducation d'enfants par un papa solo après le décès de sa femme. Dure situation et thème moins abordé en littérature que l'inverse. 

Et je sortais du livre de Sandrine Roudeix qui abordait aussi la question des enfants qui grandissent et qui partent du nid.

Mais voilà que les 68 m'ont permis de passer outre cette hésitation puisque le livre arrivait chez moi.

C'est ainsi que je découvrait l'histoire de ces 3 hommes. Des caractères différents, des maturités également à des stades différents. Mais ce papa, est un papa hors norme. Il a su trouver une place loin d'être évidente. On a beau dire mais encore aujourd'hui, la maman est souvent le pilier de nos foyers. Elle porte l'origine du monde en fait. Je ne cherche pas à galvaniser ce constat, juste à le poser.

Alors quand c'est le mari qui doit prendre la relève, qui est tour à tour soignant, aidant, papa, employé, je trouvais ça intéressant de déployer ces aspects. Et voir à quoi ça peut ressembler.

En fait, ça ressemble à toute famille monoparentale (et même les familles avec deux parents), on fait ce qu'on peut !

Et c'est bien ce qui se produit dans ce livre, chacun fait comme il peut avec l'histoire qu'il porte, les influences qu'il écoute, le fardeau qu'il faut emmener avec soi. 

J'ai été touchée par cette histoire et la tournure qu'elle prend car sous les apparences très trompeuses se trouvent des réponses aussi à certaines questions. La pudeur masculine, la tendresse qu'on ne montre pas, les sentiments qu'on esquive... et tout ça qui revient en pleine figure quand on s'y attend le moins.

Ce qu'il faut de nuit pour trouver la lumière pourrait être le complément à ce titre de premier roman, l'écriture y est à la fois percutante mais douce, posée mais puissante. Une belle réussite.

Un beau roman qui se lit vite et qui a très bien fonctionné avec moi.

Merci les 68 !

vendredi 12 février 2021

Ce qu'il faut d'air pour voler

 


Détails 

Auteure : Sandrine Roudeix
Nombre de pages : 208
Edition : Le Passage
Genre : Contemporain


Résumé : 

Que devient une mère quand son tout-petit s'en va ? En s'appuyant sur des photos de famille qu'on ne voit pas, Sandrine Roudeix traverse vingt ans de fusion et de défusion maternelles, démêlant les fils qui tressent la séparation inévitable d'une mère célibataire et de son garçon.


Dans un roman où affleurent à chaque page l'amour et la tendresse, où la grâce naît de la vérité et de la mise à nu toujours sincère et parfois crue des situations, elle interroge la manière dont une jeune fille devient femme en devenant mère et dresse le portrait lumineux d'une double émancipation.

Mon avis : 

Comment appréhender l’envol des enfants quand le nid devient trop petit ? 

C’est avec cette question, entre autres, que Sandrine Roudeix nous ouvre les portes de son nouveau livre. 

Elle explore la famille à travers des photos que nous ne voyons pas mais qui sont parfaitement décrites. Ces photos sont importantes pour cette femme car elle lui permettent de remettre en avant ce qui a façonné sa vie.

Son roman porte la voix d’une maman célibataire qui élève son fils sans notice. Elle met ainsi en exergue la parentalité, l’enfance, la transformation de l’adolescent en jeune adulte et puis ce jour fatidique de la séparation. Au travers de tout un tas de situations différentes, dans lesquelles elle a du apprendre à se mettre en avant ou au contraire s'effacer, nous découvrons un quotidien assez éloigné de la routine.

On trouve aussi dans ce récit, une réalité sociétale, les femmes sont nombreuses à être célibataires à un moment de leur vie et à devoir élever seules leur(s) enfant(s). Le livre ne met pas en jugement ces séparations de couple, car ici l'origine de la séparation a été voulu par notre narratrice. Simplement l'auteure essaie de poser un regard sur un fait répandu. Aucune critique n'est faite sur la gente féminine ou masculine et c'est ce qui provoque l'attachement aussi à cette famille. 

Mais malgré tout quand la séparation dans le couple est déjà passée par là et qu’il faut faire face au départ de l’enfant qui a atteint l’âge adulte, il faut trouver une manière de se réinventer et donner un autre sens à ce rôle si fort, si passionnant mais aussi parfois si difficile. Il faut arriver à renouer avec la féminité, avec son ego aussi car il est souvent mis à rude épreuve finalement. 

Sandrine Roudeix situe son son héroïne à plusieurs moments de son existence, de sa propre enfance manquant de repères masculins à sa vie d’adulte et de maman, elle rêvait d’une famille classique. Elle rêvait de pouvoir donner à son ou ses enfant(s) une histoire plus banale que la sienne, plus classique dirions-nous. 

Elle ne rejette pas de fautes sur quiconque, elle nous livre simplement sa propre remise en question, elle essaie de voir ce que ses actes, ses mots provoquent. C'est un texte qui est très porteur car il envoie finalement plein de questions sous-entendues et donne ainsi à chacun matière à réfléchir sur sa propre histoire.

Un récit empreint d’amour et de tendresse autour d’une étape cruciale de la vie d’une femme mais aussi d’un enfant.


À la fin, toujours pas de notice mais une belle avancée dans la réflexion sur ce lien parent-enfant et sur cet air que l'on transmet pour que les battements d'ailes de nos enfants soit forts et durables !


Merci à Babelio et aux éditions Le Passage.

samedi 30 janvier 2021

L'amour au temps des éléphants

 Détails 

Auteure : Ariane Bois
Nombre de pages : 256
Edition : Belfond
Genre : Contemporain


Résumé : 

Il n'y a pas d'hommes libres sans animaux libres.

Ils ne se connaissent pas et pourtant, en cette journée caniculaire de septembre 1916 dans une petite ville du Sud des États-Unis, ils assistent parmi la foule au même effroyable spectacle : l'exécution par pendaison d'une éléphante de cirque, Mary, coupable d'avoir tué un homme. Cette vision bouleversera la vie d'Arabella, de Kid et de Jeremy.

De l'Amérique qui entre en guerre au Paris tourbillonnant des années 1920, des champs de bataille de l'Est de la France aux cabarets de jazz, des pistes de cirque jusqu'au Kenya dissolu des colons anglais, ces trois êtres devenus inséparables vont se lancer sur la trace des éléphants au cours d'une prodigieuse expédition de sauvetage.

Dans cette éblouissante saga, une jeunesse ivre d'amour et de nature livre son plus beau combat pour la liberté des animaux et celle des hommes.


Mon avis : 

Le 13 septembre 1916, la vie de trois jeunes personnes va changer à tout jamais. Ils viennent d’assister à la mise à mort d’une éléphante, Mary. Elle a accidentellement tué un homme, elle devra donc payer le prix fort. Lorsque la foule se met en ébullition à l'arrivée de l'éléphante, le récit prend une tournure dense car on a la sensation d'y être aussi, en observateur certes mais les descriptions font qu'on est touché.

Une foule dense est présente pour l’exécution, parmi elle il y a Arabella, qui ne croit pas qu’une issue si funeste soit justifiée, puis Jérémy qui officie en tant que journaliste. Ils ont essayé de défendre le sort de Mary jusqu’au bout mais le shérif est resté impassible. Leurs arguments n'ont pas suffi et pire, on leur a presque ri au nez. Difficile à encaisser !

Puis il y a William Vernon, un jeune noir qui assiste impuissant au massacre et subira lui aussi la colère des blancs. Pour un geste si "anodin" il va payer le prix fort et sa famille aussi.

Le décor est posé, sombre et injuste. 

Chacun des protagonistes va partir de son côté mener sa vie avec ce souvenir marquant comme toile de fond. Ils vont se recroiser et comprendre que leurs destins sont surement liés. Une véritable force va émerger de cette relation.

Ce souvenir douloureux sera finalement à l'origine de leur engagements tout au long de leur vie pour que les animaux, notamment les éléphants retrouvent leur terre en Afrique et leur liberté. A travers cette liberté retrouvée c'est aussi la leur qu'il espère reconquérir. Ils viennent de milieux sociaux très différents et leurs combats personnels ont autant d'importance. Evidemment l'empathie est immédiate pour William et Arabella mais Jérémy se révèle au fil de l'histoire et la profondeur qui émane de lui est réelle.

Ce n’est pas juste une histoire d’amour qu’Ariane Bois nous livre, c’est une histoire inspirée d’un fait réel qui a permis à ces trois personnes de prendre conscience de la valeur de la vie et d’en être acteur. Souvent on se dit qu'on a le temps mais c'est finalement rarement le cas. Dans cette histoire c'est une illustration parfaite de ces déclics qui nous emmènent loin dans nos rêves, nos capacités.

C’est une fresque qui nous emmène de l’Amérique aux terres arides de l’Afrique en passant par les plaines françaises et qui explore la grande Histoire tout en gardant la trame fictionnelle. Un récit qui se lit rapidement car il nous emporte dans ce combat pour la survie animale et que les sujets abordés donnent envie de s’engager.

Malgré que les éléphants ne soient pas très présents en France, on s'attache à la cause animale et si cet animal donne toute sa prestance dans l'histoire c'est aussi pour montrer que la cause est importante. Et puis ce voyage dans plusieurs continents fait prendre conscience que partout dans le monde le respect n'est pas forcément une valeur primordiale.

Une belle histoire à découvrir !