vendredi 22 janvier 2021

Sur la route de West


Détails 

Auteure : Tillie Walden
Traductrice : Alice Marchand
Nombre de pages : 312
Edition : Gallimard
Genre : Jeunesse


Résumé : 

Un road trip intimiste et fantastique à la force envoûtante, par la jeune prodige Tillie Walden, récompensée par un Eisner Award en 2018.

Béa et Lou se rencontrent dans une station-service texane et décident de faire route ensemble. Une dizaine d'années les séparent, mais les deux jeunes femmes se ressemblent: chacune tente, à sa manière, d'échapper à un passé douloureux. Alors qu'elles roulent vers West, une ville mystérieuse qui ne figure sur aucune carte, d'étranges individus semblent les prendre en chasse...

Mon avis : 

Je ne suis pas encore une grande habituée des romans graphiques mais celui-ci m'attirait. J'avais envie de partir en voyage surement !

Alors j'ai embarqué avec Béa et Lou pour ce road trip texan. Elles nous emmènent dans leurs univers, c'est osé et percutant car il faut laisser s'ouvrir notre esprit. On ne croise pas spécialement de beaux paysages, on y voit surtout les évolutions de chacune.

Elles portent toutes les deux une histoire singulière et partir leur semble la seule issue pour rentrer en contact avec leurs âmes. Tout au long du voyage on imagine qu'elles ont tour à tour raison et tort. S'éloigner n'est pas toujours la bonne solution pour résoudre les problèmes. Mais partir peut aussi permettre de voir la situation sous un autre angle.

L'auteure mêle un peu de fantastique dans ce voyage et ainsi notre imagination divague au fil des pages et nous laisse songeur. 

C'est un livre que j'ai aimé découvrir parce que le style est assez épuré mais les paroles sont plutôt percutantes. Il n'y a pas tellement de changement de couleurs et ainsi je ne me suis pas laissée déconcentrée par les détails, choses auxquelles j'ai pu faire attention lors d'une deuxième lecture.

Ce roman graphique est un peu complexe pour un ado, jeune adulte mais je pense qu'une fois lancé dans la vie active il peut s'avérer un excellent moment de lecture pour aborder des questions existentielles parfois difficiles à exprimer spontanément, sans aide quelconque.

A découvrir !

vendredi 8 janvier 2021

Là où chantent les écrevisses

 



Détails

Auteure : Delia Owens
Traducteur : Marc Amfreville
Nombre de pages : 480
Edition : Seuil
Genre : Contemporain


Résumé

Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur " la Fille des marais " de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.

A l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour.

La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.

Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même...

Mon avis : 

D'instinct je n'allais pas vers ce livre. J'avais du mal avec la couverture. Puis Sophie, bibliothécaire, l'a mis dans la liste du club de lecture. C'était l'occasion de le lire et de découvrir. Et de me rendre compte que parfois mes arguments sont un peu bêtes pour m'éloigner d'un livre.

Kya, un personnage qu'on n'oublie pas. Ce qui intrigue dans ce récit c'est l'abandon de cette jeune fille de 10 ans en plein coeur des marais par sa famille. Comment c'est possible ? Et comment pouvait-elle survivre ? C'est presque irréaliste ce début de roman. 

Pourtant c'est instinctif, on se prend d'affection pour Kya dès les premières pages. Et elle fait partie des personnages les plus marquants de mon année de lecture 2020. Elle a un caractère forgé dans le béton, elle ne se laissera jamais abattre et son univers est tellement incroyable, on a envie de plonger dedans la rejoindre. 

Entre l'histoire de Kya et les descriptions magnifiques des paysages, des sensations et des sentiments, tout est rassemblé pour faire de ce livre un coup de coeur. 

Cela semble facile d'ailleurs de le classer en coup de coeur mais difficile de trouver une autre nuance plus claire. 

C'est un roman qui a de la puissance, il met en avant un mode de vie rude, compliqué et dont peu de gens voudraient et pourtant en quittant le livre, je crois que j'aurai aimé avoir un endroit comme celui qu'à Kya. Un endroit que je connais par coeur et qui serait capable de me rassurer juste parce que j'y suis. 

Kya est une héroïne singulière et son double masculin, Tate, est un garçon auquel on a parfois envie de donner une petite claque pour qu'il se réveille mais finalement la beauté de son être tient dans sa difficulté à poser les bons mots sur ce qu'il ressent. Kya n'est pas de ces femmes qui réclament un dû, elle veut vivre oui mais pas être soumise. J'ai trouvé que l'auteure avait été très habile dans sa façon de transmettre des messages, de travailler la psychologie de Kya. On est très loin des romans portés par le féminisme contemporain. On est plutôt sur un plaidoyer autour de la femme, de sa condition mais sans attaquer systématiquement la gente masculine. Et puis ce roman est la preuve qu'une femme peut se suffire à elle-même sans être sans cesse rattachée à un homme. 

Ce livre oblige à une introspection sur notre vie, sur nos choix, sur nos rêves aussi et il donne aussi une leçon de vie magistrale. On peut apprendre beaucoup si on laisse infuser les mots.

Une magnifique ode à la nature mais aussi à l'être humain, un livre qui aura su me chambouler. Avec ce livre je me rends compte que j'aime énormément les romans où le héros qu'il soit homme ou femme, ne soit justement pas simplement rattaché à son sexe mais plutôt à ses idées, à son âme et à ce qu'il est. 

Il fait partie des livres que je recommande vivement à celui ou celle qui est prêt à se prendre une belle preuve qu'on peut être foncièrement bon et réussir sa vie.

lundi 16 novembre 2020

Anne de Green Gables

 



Détails : 

Auteure : Lucy Maud Montgomery
Traductrice : Hélène Charrier
Nombre de pages : 384
Edition : Monsieur Toussaint Louverture (édition 2020)
Genre : Jeunesse


Résumé : 

Cheveux désespérément roux, visage constellé de taches de rousseur, Anne Shirley est une petite fille curieuse, pleine d’énergie, souvent perdue dans ses pensées, parfois d’une gravité solennelle, sans aucun doute intemporelle. Difficile de résister à ce petit bout d’humanité de onze ans parfaitement imparfait, héroïne d’une série de romans qui a su conquérir des millions de lecteurs à travers le monde, Anne de Green Gables, écrit par Lucy Maud Montgomery, et dont le premier tome parut en 1908.

Orpheline à l’esprit vif, à l’imagination sans bornes et qui adore employer de « grands mots », Anne se retrouve par erreur chez Marilla et Matthew Cuthbert qui attendaient un garçon pour les aider à la ferme. Féministe involontaire, romantique impénitente, elle est impulsive, dramatique, maligne, drôle, et telle une authentique naïve, elle va bousculer le calme et la monotonie de la vie à Green Gables, en semant partout joies et rêveries, en dénichant la beauté dans les moindres recoins, en ne s’exprimant qu’en points d’exclamation, même dans « les affres du désespoir ».

Parce que l’existence d’Anne a aussi une face sombre, hantée par la mort de ses parents et les abandons, qui lui donne son énergie folle, parfois hallucinée, et qui rend son idéalisme et son indignation si poignants et si convaincants. Si le regard d’Anne transcende le monde sur lequel il se pose, Anne de Green Gables, c’est la transformation magique, presque mystique, que seul l’amour peut opérer sur les hommes et les femmes.

C’est l’histoire d’une petite fille qui parvient à se faire aimer de tous (Josie Pye exceptée), et de nous les premiers.


Mon avis :

Dans la vie il faut savoir assumer ses erreurs. Ne pas avoir découvert Lucy Maud Montgomery plus tôt et son héroïne Anne en est une de ma part.

L'occasion s'est présentée grâce à Babelio et une opération masse critique spéciale. Je remercie Babelio ainsi que l'éditeur de m'avoir envoyé ce livre. Le résumé me semblait terriblement attirant.

Anne est une petite fille très surprenante. Elle est à l'orphelinat puisque ses parents sont décédés tous les deux quand elle était bébé et depuis elle n'a pas trouvé de famille pour vivre une enfance heureuse. Lorsqu'une dame vient la chercher pour l'emmener à Green Gables, Anne a l'impression d'avoir basculé dans un conte de fée. 

Ainsi nous suivons son arrivée et ses débuts dans la famille de Marilla et Matthew. Même si elle a peur de devoir en repartir un jour, Anne ne quittera pas son caractère bien trempé.

C'est une lecture qui s'est révélée un excellent moment pour moi. J'ai été enchantée par les descriptions et les noms donnés aux choses, aux paysages par Anne. Elle a su m'envouter sans rien faire de plus qu'être elle-même. Quand on sait que l'histoire a été écrite en 1908, elle n'en parait que plus riche car très moderne. J'ai aimé chaque personnage parce qu'ils sont entiers et réalistes. L'auteure ne se moque pas de ses lecteurs et je trouve ça honorable et beau.

Le vocabulaire est fabuleux pour une enfant si jeune et on sent toute la vitalité qui l'anime. Les phrases sont belles, les mots chantent et chaque passage descriptif m'a donné l'opportunité d'imaginer intensément les personnages, les endroits. Anne est pleine de surprise, elle est aussi capable de s'adapter et de se remettre en question mais pas sans comprendre. On pourrait imaginer aisément qu'on lui dise de se taire à chaque instant mais je crois que la famille qu'elle a trouvé est une famille singulière pour l'époque. 

Je l'ai lu en plein mois de novembre et autant vous dire que lire un tel livre à une époque de l'année où il est facile de devenir gris tant les journées sont courtes et le temps maussade (bon j'exagère mais à peine) est une idée majestueuse. Je soupçonne Babelio d'avoir fait exprès de proposer cette opération spéciale ;) 

Très honnêtement c'est un livre jeunesse que vous pouvez offrir aux jeunes lecteurs / lectrices comme aux adultes sans réfléchir.
Pensez-y pour Noël qui arrive par exemple !

Et en plus, quel plaisir d'avoir un si bel objet. La couverture est magnifique avec ces couleurs chaleureuses, j'ai passé mon temps à lire mais aussi à effleurer les couvertures. Puis le papier et les premières pages sont vraiment d'une très belle qualité. Quand je vois parfois la qualité de papier de certains livres, je suis heureuse que cet éditeur fasse le choix d'éditer des livres aussi parfaits. Un livre qu'on veut mettre en avant dans la bibliothèque, et encore plus quand on sait que les autres volumes vont suivre.

Etre charmée de la sorte par une lecture jeunesse riche et passionnante est un luxe dont je n'ai pas envie de me priver.

lundi 9 novembre 2020

Hésiter entre l'ombre et la lumière

 

@ David Shoykhet

Atelier écriture :
Chaque semaine, le blog "Bric à book" (lien vers le blog) propose une image. Cette image sert de support pour écrire un texte, ton et genre libres… La publication des textes a lieu le lundi suivant.

Je suis en retard pour cette image mais pour mon retour au blog, je me suis juste laissée guider par la photo qui m'inspirait le plus!



Etre dans l'ombre

Ne pas vouloir en sortir par peur de décevoir.

Réfléchir, penser, organiser, imaginer la meilleure façon de ne pas se faire voir.

Ce sont autant de pensées qui la traverse quand son regard se pose sur ces fleurs. Elle se laisse hypnotiser par la beauté de cet instant où rien ne vient la perturber. C'est si rare.

Emportée par le tourbillon de la vie, elle n'a jamais pris le temps de se poser et savoir ce à quoi elle aspire pour sa vie. Etre dans l'activité la rassure et donne aux gens l'image d'une femme forte et indépendante. Mais derrière la façade se cache souvent une autre histoire.

Jamais elle n'aurait imaginé que son passé ressurgirait de cette façon. Elle pensait ne jamais revivre ces instants douloureux mais peut-être qu'elle n'a pas compris la leçon la première fois. Pourtant elle fait attention à elle, elle prend garde à ne pas s'accrocher trop. Mais voilà elle s'est laissée submerger encore une fois par l'émotion. Elle n'aurait pas du s'agripper comme ça, elle savait qu'elle souffrirait mais avait-elle la force d'aller à contre-courant de son esprit, de son cœur ?

Pour cette fois encore elle arrivera à garder l'émotion bien cachée au fond d'elle. Personne ne sait et personne ne saura elle s'en est fait la promesse. Mais tiendra t'elle ? 

Il faut qu'elle retrouve sa prestance pour regagner la scène et arriver à jouer son rôle à la perfection. C'est bien ce que la vie attend d'elle non ? 


Violaine

dimanche 21 juin 2020

Chaque jour est une vie



Détails :
Auteur : Jean d'Artigues
Nombre de pages : 352
Edition : Les Arènes
Genre : Témoignage 


Résumé : 

J’ai rencontré Jean d’Artigues pour la première fois à Vannes dans le Morbihan. Je n’imaginais pas que cette visite compterait autant. Jean, victime depuis huit ans de la maladie de Charcot et devenu tétraplégique, devait habiter un corps figé dans l’immobilité absolue.

Notre premier échange de regards, je m’en souviens encore, m’avait communiqué une impression de force et de combativité hors du commun. J’ai envie d’ajouter de «justesse». Je veux dire qu’il n’était ni dans l’accablement, ni dans un martyrologe affiché, comme cela arrive parfois. Notre conversation, assez brève, renforça cette première impression.

Il me parla calmement de sa volonté de livrer bataille. Coûte que coûte, et même sans espoir. Il refusait de se rendre, voilà tout. Et quel que soit l’obstacle. Dans ces pages, on le verra, la souffrance est dite, décrite, racontée mais d’une voix sans sanglots. Une paradoxale joie de vivre habite même ce livre lumineux.

Mon avis :

J'ai d'abord écrit mon article pour le journal avant de me livrer un peu plus sur cette lecture.

Elle est d'ailleurs celle qui me fait revenir sur le blog. Non pas que l'idée de continuer le blog se soit éteinte mais parfois la vie fait que nous sommes plus ou moins occupés.

Alors j'ai voulu vous mettre le résumé comme je fais habituellement et puis en tapant le titre du livre sur mon ami google je suis tombée sur Louis Chédid. J'aime beaucoup ce que fait cette artiste et ainsi j'ai découvert la chanson qui accompagne très bien ce livre : Chanson Louis Chédid

Revenons au livre...avec une jolie musique de fond si vous en avez envie !

Je ne savais absolument pas où allait me mener cette lecture parce que je ne connaissais pas Jean d'Artigues. Découverte totale !

Dès le début nous savons qu'il est malade, Charcot est devenu le nom qu'il portera bien malgré lui. 

Cet homme a voulu nous livrer un témoignage sur ce qu'il vit, comment il le vit, pourquoi (peut-être) il le vit.

Rapidement, on s'attache à ce grand bonhomme au caractère affirmé. L'objectif de cet ouvrage est loin d'être de faire pleurer dans les chaumières. NON, ce qu'il veut transmettre c'est l'amour de la vie. Certes il faut parfois combattre longtemps et durement pour la vivre mais même dans le désespoir la lumière ne s'éteint jamais. Ce n'est pas inné de penser comme ça et ça l'est encore moins quand la maladie décide qu'elle sera la plus forte.

Or, en s'attaquant à Jean d'Artigues elle ne savait certainement pas à qui elle avait affaire. Il fait tout, absolument tout pour être toujours digne, fort et avant tout HUMAIN.

Ce livre m'a surpris car j'ai mis moins de 24h à le lire, j'avais "peur" qu'il ne s'agisse d'un ouvrage trop "triste" et je n'étais pas sur d'en avoir envie. Puis, au fil des pages j'ai découvert que ce qui compte énormément c'est de garder un mental d'acier. Qu'avec lui on peut déplacer des montagnes ou en tout cas traverser des mers ! "Avance sur ta route car elle n'existe que par ta marche." St Augustin.

Et puis tout au long ce sont autant de petites claques qu'on se prend dans la figure...impossible de rester dans la plainte ou la tristesse puisque chaque page démontre que tout est possible, que chaque petit pas fait est important et que quand la douleur veut prendre le dessus, il suffit de lui ouvrir grand la porte et l'inviter à partir. 

On prend du recul, évidemment, forcément, assurément et c'est certainement un bienfait profond que de lire ce récit. Il transmet la VIE et l'humilité !

Sortir des sentiers battus c'est une des principales qualités de la lecture.

Lire c'est s'ouvrir aux autres et laisser de côté nos propres maux / mots de côté pour accueillir ceux de ces passeurs d'histoires. Je suis impressionnée par cet homme et je lui souhaite de continuer à relever ses défis encore longtemps. Il ne peut être qu'un exemple pour tout ceux qui prendront le temps de l'écouter, le lire et lui laisser une place dans leur propre existence pour faire résonner ses enseignements, sa philosophie !

"Même avec des petits moyens, ce que nous pouvons faire, nous devons le faire" Frère Alois, communauté de Taizé (quand j'ai vu cette citation parmi celles qui sont chères à l'auteur, j'ai aussitôt fait un bond bien des années auparavant, lors de mon séjour à Taizé, à l'époque où toute croyance, toute foi, toute certitude m'avait fait faux bond... mais ça c'est une autre histoire ! )


Quelques infos sur l'auteur : 

Jean d’Artigues a d’abord été journaliste de radio et de télévision, avant de devenir chef d’entreprise, en tant que conseil en communication, en France et à l’international.

En 2011, il est frappé par la maladie de Charcot, un syndrome neurologique incurable et mortel.


mardi 31 mars 2020

Face à la ligue du LOL : Harcèlement et sexisme dans les médias


Détails :
Auteure : Iris Gaudin
Nombre de pages : 
Edition : Massot Editions
Genre : Document


Résumé :
Retour sur un scandale qui a bousculé le monde des médias.

La Ligue du LOL est le nom du groupe Facebook via lequel des journalistes et des acteurs du monde de la communication, des hommes en majorité, ont mené des campagnes de cyberharcèlement à l'encontre de femmes : journalistes, blogueuses, militantes féministes et de quelques hommes.
En 2019, l'affaire est dénoncée par Checknews, le service de vérification des faits du journal Libération.

Iris Gaudin a été l'une des victimes des créateurs de la Ligue du LOL en 2010.
Pour la jeune femme qui avait depuis longtemps cherché à tourner la page, le cauchemar refait surface. À travers son témoignage, elle décrit les mécanismes des réseaux sociaux où les harceleurs, sous couvert d'anonymat, attaquent facilement leurs cibles. Au-delà de son histoire personnelle, la victime reprend sa plume de journaliste, et dénonce un système qui prend racine au sein même des écoles de journalisme, où l'on apprend à polémiquer, à rabaisser son interlocuteur pour " faire le buzz " au mépris des règles déontologiques du métier.
Quand l'affaire paraît au grand jour, plusieurs " loleurs " sont licenciés ; mais ce petit monde reste une bulle difficile à faire éclater.

Par sa voix forte et son courage, Iris Gaudin rejoint le chœur des femmes qui refusent de se taire.

Mon avis :

Je remercie d'abord Babelio et les éditions Massot pour m'avoir donné l'occasion de lire ce livre et en parler sur mon blog et les réseaux.

Aucune idée en démarrant ce livre de ce que j'allais y trouver. 
Menteuse pourrions-nous dire !

Oui c'est vrai le titre est explicite. Ce qui ne l'est pas à première vue, d'où ma phrase ci-dessus, c'est comment l'auteure allait évoquer ce sujet. 

Sujet ultra délicat puisqu'il touche à un monde très exposé : celui des médias. Dans toute société, il y a besoin d'eux sous toutes leurs formes : presse écrite / orale, journaux, télé, radio, internet, réseaux sociaux etc...

Nous sommes dans une époque où la parole des uns est aussi importante que la parole des autres. C'est ce que Iris Gaudin essaie de démontrer je pense. A l'époque de la ligue du LOL, il n'était pas envisageable de porter un jugement devant la face du monde. Automatiquement l'auteur aurait été prié de se taire.

Sauf que depuis deux ans, la parole se libère et les conséquences ne font plus peur de la même façon et c'est bien heureux. J'ai découvert cette affaire en lisant ce livre car en 2010 j'étais moins réceptive à ce qui se passait dans le monde, jeunesse sûrement, manque d'ouverture d'esprit certainement.

Ce n'était pas un manque de compétence en matière de lecture ou d'analyse, simplement on entendait moins parler de toutes ces affaires de manque de respect, d'abus de pouvoir etc...

Et depuis j'ai aussi appris à me faire mon opinion et là, croyez-moi en lisant cet ouvrage, je suis passée par la colère, l'énervement et l'empathie.

Colère contre ce système qui permet, ose tout au détriment d'êtres humains.

Enervement contre ces gens qui se croient au-dessus de tout mais aussi contre l'auteure de ce document à certains moments. Derrière mon livre c'était facile de me dire "mais pourquoi restes-tu ou cherches-tu à impressionner telle ou telle personne ?".  Et c'est ce qui est plaisant dans ce livre car Iris Gaudin nous délivre aussi les leçons tirées de ses réactions face à cette ligue. 

Et puis donc beaucoup d'empathie pour cette femme qui a osé poser des mots sur un mal qui ronge tous les domaines de notre société et qui n'est pas encore fini puisque aujourd'hui nombre d'affaires ne sont pas résolues, dévoilées etc... mais la parole, grâce à des livres de ce style, continue de se libérer et permettre de faire avancer dans l'évolution des moeurs.

Un livre qui se lit rapidement et qui porte un message fort.






mardi 14 janvier 2020

Rivage de la colère


Détails :
Auteure : Caroline Laurent
Nombre de pages : 256
Edition : Les Escales
Genre : Contemporain 


Résumé :
Après le succès de Et soudain, la liberté, coécrit avec Evelyne Pisier, voici le nouveau roman de Caroline Laurent. Au coeur de l'océan Indien, ce roman met à jour un drame historique méconnu. Et nous offre aussi la peinture d'un amour impossible.

Certains rendez-vous contiennent le combat d'une vie.
Septembre 2018. Pour Joséphin, l'heure de la justice a sonné. Dans ses yeux, le visage de sa mère.
Mars 1967. Marie-Pierre Ladouceur vit à Diego Garcia, aux Chagos, un archipel rattaché à l'île Maurice. Elle qui va pieds nus, sans brides ni chaussures pour l'entraver, fait la connaissance de Gabriel, un Mauricien venu seconder l'administrateur colonial. Un homme de la ville. Une élégance folle.
Quelques mois plus tard, Maurice accède à l'indépendance après 158 ans de domination britannique. Peu à peu le quotidien bascule et la nuit s'avance, jusqu'à ce jour où des soldats convoquent les Chagossiens sur la plage. Ils ont une heure pour quitter leur terre. Abandonner leurs bêtes, leurs maisons, leurs attaches. Et pour quelle raison ? Pour aller où ?
Après le déchirement viendra la colère, et avec elle la révolte.

Roman de l'exil et de la révolte, Rivage de la colère nous plonge dans un drame historique méconnu, nourri par une lutte toujours aussi vive cinquante ans après.

Mon avis :

J'ai publié mon avis dans ma chronique hebdomadaire du Courrier de l'Ouest mais ce livre mérite bien plus à mon avis !


Voici le texte de mon avis qui sera plus lisible que sur la photo : 
"L’identité, ce bien si précieux !
« Rivage de la colère » est le deuxième roman de Caroline Laurent, auteure franco-mauricienne. Elle est directrice de collection chez Stock. Son premier roman avec Evelyne Pisier « Et soudain, la liberté »,a été salué par les critiques ! Pour ce nouvel ouvrage, elle propose de découvrir un fait historique méconnu : les conséquences de l’indépendance de l’Ile Maurice, notamment sur l’archipel des Chagos. Le lecteur est emmené en plein cœur de l’océan indien et y découvre des personnages hauts en couleur. Ils portent leur Histoire et sont amoureux de ce territoire dont l’Amérique veut faire une base militaire. Les Chagossiens vivent des heures très compliquées et leur identité s’effrite. Caroline Laurent pose des mots justes et empreints de tellement d’humanité pour ce combat toujours actif ! L’aspect romancé du livre donne aussi une vision de la place de chacun dans une société où tout se règle par la parole! Les Chagossiens veulent mener le combat jusqu’au bout pour conserver leur dignité et leur culture.« Nous serons tous, dans nos pauvres existences, courageux à un moment ou un autre. Ne soyez pas impatients ».Cette citation donne le ton du livre et ne peut laisser personne indifférent. L’écriture de Caroline Laurent est captivante et impliquée, elle redonne une lueur d’espoir à ces gens dépossédés de leur île. Ce livre est un très beau plaidoyer pour l’Identité, un coup de cœur pour ce début d’année !,Rivage de la colère, Les Escales,256 pages,19,90€."

Dans mon avis, j'évoque ce coup de cœur que j'ai pour l'écriture de Caroline Laurent.
Effectivement, lorsque je lis les premières lignes de ses ouvrages j'ai immédiatement la sensation d'être au bon endroit au bon moment. Pas seulement parce que l'usage de la langue est particulièrement intéressant et adapté mais aussi parce que j'apprends sur l'humanité. 

J'apprends les faits historiques qu'ils soient bons ou mauvais; j'apprends les limites de chaque être humain; j'apprends l'injustice aussi; j'apprends la résilience.

Je ne peux donc plus être ignorante de ce que transmets Caroline Laurent, qui plus est, est extrêmement utile. Comment savoir que l'archipel des Chagos avait tant subi lors de l'indépendance de l'Ile Maurice ? 

Je suis de nature curieuse mais évidemment des éléments m'échappent parfois.

Caroline Laurent permet aux lecteurs d'ouvrir les yeux, de perdre cette pseudo naïveté qui parfois, arrêtons de nous leurrer, arrange !

L'histoire des Chagossiens c'est notre histoire aussi. Alors je vous invite fortement à découvrir ce livre pour vous faire une idée de ce que l'Homme est capable !

Ce roman abrite aussi une histoire d'amour, impossible ! Une histoire de famille pas banale où la parole est parfois étouffée ou pas entendue mais dans le fond où l'amour ressort ! 

S'il n'y avait pas cette histoire d'amour alors on pourrait perdre tout espoir mais chacun sait que c'est une valeur universelle qui traverse les époques et les endroits sans jamais s'altérer. Espérons donc qu'elle fasse encore ses preuves longtemps pour le Monde soit capable de passer outre ses mauvais esprits et autres malfaiteurs à l'âme grise ou  noire...

Toujours délicat de parler d'un coup de cœur car on perd forcément un peu d'objectivité mais ce que je cherche en étant passionnée de lecture se trouve dans les livres de Caroline Laurent notamment.

Bonne lecture et au plaisir d'en reparler avec vous !